avec quelques pages de moleskine

quelque deux mois plus tard, ça fait quand même un bail. entretemps, j’ai redécouvert le labeur de l’écriture cahier. quelle déception je suis devenu, un vulgaire stylo aux doigts. quelle amère défaite que de constater sa propre vulnérabilité devant l’écran de fibres végétales… qu’est-ce que l’informatique est donc venue faire dans mon [...]

la première langue

terrible profondeur du réflexe de la langue première. en « situation » les langues de surface deviennent de vraies prisons, quelque chose de dur sur quoi l’âme se heurte, se cogne, comme un corps.
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écrire pour soi

écrire « pour soi », ne jamais écrire que pour soi. qu’est-ce à dire ? d’ici, aujourd’hui, ce ne peut être que cela : écrire à l’intérieur de ce faisceau qui éclate de chaque mot, contre le « pour l’autre », toujours contre ce rayon qui fuse injustifié comme une poudre aux yeux, qui frappe [...]

oublier

ce qui se dissout avec ce qu’on appelle l’oubli, non sans une certaine nostalgie-lieu-commun, laisse des scories d’essentiel au sol de l’établi, dans la mesure du travail que représenta une fois l’assimilation de l’objet dont on se dit aujourd’hui privé. ces scories fleurissent dans la chair et on appellera cela désormais la mentalité du corps. [...]

de dire à faire

quand dire devient faire ou quand le dire sourd du faire, il se produit alors une économie de mots assez surprenante et toujours bénéfique. entretenir une tension attroce entre le dire et le faire, sans relâche.
et que cela fasse mal.
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