plus aucune idée.
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fin février. Moscou gèle et dégèle entre des centaines de milliers de complexes immobiliers dressés pêle-mêle à travers une espèce d’immense alarme, partout. de partout un défilement de ruées déréglées, un coulé ininterrompu de gens, d’aveugles, d’ombres aveugles, emmitouflées contre un certain froid, le froid qui les meut pour les mouvoir, seulement. nulle part où être seul ici, nulle part où s’entendre penser. trop peu de temps. voilà la permanence. la permanence d’une certaine appesanteur, l’impossible à interroger. il faut travailler longtemps pour pouvoir s’acheter du temps ici.
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les bouts de wagons. cette compréhension qu’a la milice des bouts de wagons. on s’assied dans une banquette merde. l’atmosphère est chaude, un certain goût de pisse traverse les parois, le tout balloté ferraille. c’est le soir. comment apprécier le soir si loin sous la surface vivante. et c’est l’été sous terre. un vent pique à travers les coulissantes, hauteur de têtes. puis, au fond du tohu-bohu mal huilé, une silhouette, une ombre, un tas. une pelotte. foetus sombre. prochain arrêt, trois uniformes bleu gris, des habitués.
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Pavel me raconte que son statut de futur employé de la puissante compagnie Intel Russie ne lui inspire rien de génial. qu’il vaut toujours mieux, ici – je ne me souviens plus bien s’il a dit « à Moscou » ou « en Russie » d’ailleurs – avoir sa propre entreprise que de travailler pour quelqu’un.
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merde pour merde. tout cela est entendu. on se parle, on sait exactement quelle attitude afficher, on sait par coeur les prescriptions. et on se met à jouer. à impressionner. « vous devez impressionner les responsables de chez Baccardi, tout d’abord, ensuite on reparlera horaire et je vous remettrai les détails concernant vos étudiants », m’a lancé, une pointe d’impatience dans le grésillement, lena, ma coordinatrice. tout cela sonne convenu et faux. impressionner, comprendre se présenter et jouer le déjà joué, pour la forme. même pas besoin d’être nerveux. c’est le principal conducteur ici. même dans les regards on comprend, on entend. à s’en essuyer les paupières après coup. mais il y a tellement d’argent à faire…
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plus on reste ici et plus le rideau de langue s’estompe, à notre grand désarroi de romantique attardé. on voudrait que derrière cet agencement hétéroclite de sons et de parcours historique une geste transformatrice nous traverse irrémédiablement en zone mystique, fêlant à tout jamais quelque calme des eaux connues, les courants usuels qui conduisent nos effrois vers la vitrine des mots. ces mots qui nous « servent »… quelques vibrations du corps, nouvelles, quelques écoulements nouveaux de salive, des sécheresses non accoutumées. mais c’est tout. le reste se joue ailleurs.
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en fait, Nikita est un nom d’homme. puis, je me suis rappelé la chanson d’elton john. évidemment. au fond quelle différence. c’est élémentaire.
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ce que je comprends. comment savoir si l’on comprend. ce que l’on a compris. cela. je le comprends. pour le reste. il y a le temps. comme c’est beau et doux.
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