un point noir

un point noir dans un recoin à peine subtil, sous la fenêtre de la cuisine du 5e étage. sous la fenêtre – je veux dire immédiatement sous la fenêtre – un calorifer. chauffage à l’eau, de toute évidence. le calorifer est chaud, de cette chaleur de calorifer (en acordéon) qui vous brûle gentiment la paume lorsqu’on l’interroge. le point noir… en fait non, pas un point noir, plutôt une forme oblongue dont les reflets, dans l’ombre que jette la table qui continue presque le rebord de la fenêtre (en fait, à environ une quinzaine de centimètres plus bas), renvoient plutôt une espèce de brun clair chaud, secrètement brun chaud, une forme oblongue, donc, qui attire l’oeil sans que l’on ne sache pourquoi. de part et d’autre de la forme oblongue, des droites cassées… très minces… que l’on sent brun clair chaud aussi…

le cerveau calcule vite. des pattes – ici la mémoire au présent de narration : six ou huit. un détail, sans doute. les genoux plient. c’est entendu, on fait un bruit minimum, même en déplaçant la chaise noire (ces chaises noires à cadre de métal, le minimum dans l’ergonomique… pour travailler, c’est la mort du dos à petite doses). une fois les genoux pliés, l’attention ramenée à un niveau plancher, l’intuition passe la main. l’oblong se déplace. lentement. communication de présences. de chaleurs, peut-être. en tout cas « cela » sent quelque chose et « sent » le besoin de « le » fuir… quelque peu…

il y a, quelque part dans nos circuits organiques, un secteur du cerveau qui fait office de magnétophone. une mémoire musicale. organique. et l’espace d’un ajustement de l’attitude interne qui précède, – et même si on a décidé d’accorder la chance d’une vie – elle a déjà fait éclater dans la permanence acoustique du corps le bruit bref et caractéristique que produit cette christ de bestiole lorsqu’on décide d’abolir son existence.

saloperie de résidences.

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