québec – toronto – varsovie – moscou

il y a une semaine j’étais devant la télé
un match Toronto-Los Angeles
à regarder la reprise de cette séquence
où un joueur se faisait rentrer dans le banc de son équipe
juste au moment où la porte s’ouvrait
la game en marche et tout

quelque part entre 4 h et 5 h le matin
pendant que ça patine et que ça brasse
en pleine game
une porte s’ouvre comme un coin
une fuite dans le sommeil

quelque chose qui joue pour moi
se fait rentrer dedans
me fiche une côte dans la lumière
du jour qui commence

*

c’était très mal dit, et je ne le redirais sûrement pas comme ça aujourd’hui. d’ailleurs ça fait longtemps que je l’ai écrit celui-là (quelque chose comme déjà 15 ans)… mais il m’a toujours hanté. comme un bord de plaie qui accroche. parfois on a cette impression d’avoir touché quelque chose, quelque chose qui nous regarde au plus près. j’avais oublié… non, pas oublié, mais je savais que c’était quelque part dans un recoin de dossier. c’est toronto qui m’a ramené là, je crois. pourquoi toronto… aucune raison particulière. seulement une lueur qui se réveille dans les artères, qui irrigue un coin de chair, le temps d’un flash. et voilà, je me suis mis à le chercher…

désolé, c’est pour moi. aujourd’hui, ça y est, quelque chose commence pour vrai. on n’accumule pas nécessairement les commencements, dans une vie. je veux dire les commencements fondateurs. mais quelque chose est rentré dans le banc dernièrement et m’a fiché une côte dans la lumière.

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